La technique vocale est au service du style musical
Dans une même semaine, je reçois des chanteurs venant de tous les horizons musicaux. Certains débutent, d'autres ont une expérience certaine, d'autres encore sont professionnels. Leur âge également est très variable, du début de l'âge adulte aux seniors ! Cette variété de profils fait le charme du métier, mais elle demande également un certain sens de l'adaptation…
Tenir compte du matériau de départ
Si vous êtes complètement débutant, nous construirons ensemble votre voix de A à Z en tenant compte de vos goûts, sans pour autant se limiter à un genre musical. Si vous avez déjà une habitude de chant, un diagnostic de vos compétences effectué durant le premier cours permettra de repartir sur des bases saines.
Tout n'est pas possible
Il faut avoir l'honnêté de le dire. Le prof de chant ou le coach vocal n'est pas là pour valider toutes les pratiques en déclarant qu'avec la technique, tout est possible. Le larynx ne peut se plier à toutes les demandes. En chant comme dans la vie en général, la connaissance de ses limites physiologiques est la clef d'une pratique épanouie.
Les progrès possibles : 2 exemples
Pour un chanteur qui souhaite travailler dans l'aigu de sa voix, un certain nombre de réglages concernant l'ouverture et la projection seront nécessaires. Pour une chanteuse qui chante dans le grave de sa voix, il s'agira d'éviter le forçage vocal en voix de poitrine (fréquent !)
Dès les premiers cours de chant, je vous signalerai ce qui, dans votre technique vocale, pose question.
Les chanteurs hypotoniques
Quelques chanteurs et beaucoup de chanteuses ont pris l'habitude de chanter avec une tonicité vocale et corporelle minimale. Le rendu vocal, un peu enfantin, peut être apprécié par une partie du public. Ce qu'on ignore souvent, c'est que ce fonctionnement de la phonation est une source de problèmes importants qui débouche fréquemment sur l'apparition de nodules. Je propose de garder la légèreté vocale, en évitant les fuites d'air.
Les registres féminins : état des lieux
En chanson française, la majorité des chanteuses ne chante qu'en voix de poitrine (mécanisme 1). Outre-atlantique, la situation est plus contrastée. Les chanteuses de soul et de jazz utilisent la voix de tête pour l'improvisation (scat par exemple). Les bonnes chanteuses de gospel maîtrisent aussi bien la voix de tête que la voix de poitrine.
Les registres féminins : les options de travail possible
Beaucoup d'entre vous arrivent en cours sans connaissances particulières de ces questions. C'est à l'enseignant d'observer votre comportement naturel avec l'aigu, de vous interroger sur vos goûts, pour choisir une option. Il est possible de :
Chanter exclusivement en voix de poitrine. C'est ce que fait la majorité des chanteuses françaises. Avantage : la couleur vocale correspond à ce qu'on attend dans ce type de répertoire. Inconvénient : la tessiture est limitée.
Construire une voix plus étoffée en tessiture en privilégiant la voix de poitrine sans pour autant négliger la voix de tête. Le passage sera plus ou moins décalé vers l'aigu. Cette technique vous ouvre le chemin de l'aigu tout en préservant une couleur adaptée pour le grave.
Dans l'absolu, n'importe qui peut choisir entre ces différentes façons d'envisager le médium et l'aigu. Dans la réalité, votre passé vocal, vos goûts, votre personnalité auront une incidence sur ce choix.
Voix masculines : l'aigu
C'est une demande qui revient de façon récurrente : comment avoir un aigu plus facile, comment ne pas se faire mal ? Certains d'entre vous désirent utiliser leur voix de tête.
Il est possible de développer la voix mixte, qui permet une transition sans heurts entre grave et un aigu léger et qui donne une impression de facilité. (chansons douces, folk…)
On peut préférer développer l'aigu en voix de poitrine. La couleur vocale sera plus vaillante et l'effort musculaire plus important. Vous utiliserez la voix de tête de façon marginale.(rock dur, métal…)